Donne moi ta main

Entrer dans l’histoire, dans l’Histoire, en douceur, sans bruit, en ouvrant lentement la porte du souvenir. Le souvenir d’une vie, de toutes ces vies vécues, dont les morceaux épars reposent depuis si longtemps dans la pauvre valise-mémoire.

Alors oui, entrer en scène, seule, par la haute porte mystérieuse du théâtre, avec seulement cette valise qui respire encore, qui s’ouvre encore pour parler.

Du néant à la lumière, du noir absolu à la révélation aveuglante et terrible, la Comédienne est là devant nous et va passer les trois portes de sa vie.

De l’enfance, elle nous livre les petits et grands bonheurs. Mais très vite, elle passe, sans comprendre, la porte de l’enfer. Et pourtant, la barbarie ne parvient pas à anéantir sa force de vie..

Le théâtre, comme une porte pour sortir du néant terrifiant, de l’inhumain ; pour entrer dans l’humain, dans ses doutes, ses errements, ses espoirs et ses grandeurs.

La Comédienne, dans son habit de solitude, ouvre et referme les portes. Elle est venue offrir simplement sa voix, corps et âme, et partager avec ses « frères humains » d’un soir, une histoire terriblement belle. Mercedes Tormo, Metteur en Scène